Quel accordéon acheter ?
(Parole d'Anches N° 20 septembre 2001)
Bonne question !
Mais il y en a une à poser d'abord : faut-il vraiment acheter ?
Il est souvent possible de louer pour un prix modique (~150 F par mois
) un accordéon d'étude. Cela permet déjà de voir si on accroche, si on
arrive à s'organiser, si on ne se décourage pas. C'est particulièrement
indiqué pour les gamins.... Pour cela, s'adresser à l'école de musique
(parfois, pas assez souvent), à un luthier ou un accordeur.
Bon, vous voulez acheter, vous êtes décidé(e). C'est parti !
Pour simplifier on va dire que vous voulez un diato, hein ? Vous savez
ce que c'est, vous ne vous posez plus la question de la différence d'avec
un chroma (vous savez que le chroma brûle plus longtemps !), vous ne rêvez
ni d'un bandonéon ni d'un touches-pianos, d'accord ?
A priori le mieux pour démarrer c'est un sol-do ordinaire à 2 rangées
8 basses.
Sol-do parce que c'est la tonalité la plus courante, celle dans laquelle
vous trouverez des tablatures écrites, dans laquelle se déroulent les
stages etc... En sachant qu'il y a d'autres tonalités qui peuvent mieux
convenir pour des besoins spécifiques : accompagner du chant, des instruments
en sib ou ré (bombarde...) Et les 2 rangées et les 8 basses suffiront
amplement dans un premier temps, en gros les deux premières années. Certains
en restent d'ailleurs là, pas forcément des mauvais !
Neuf ou d'occasion ?

Pour commencer, surtout si on a un petit budget, il vaut mieux prendre
un diato d'occasion. Et ça permet après, l'oreille un peu accoutumée,
de choisir un autre instrument sur des critères plus personnels (qualité
et sonorité des anches par ex, choix des partenaires musicaux...).
Financièrement on ne risque pas grand chose, le prix de l'occasion est
stable, et on pourra revendre au bout de deux ans quasiment au prix d'achat.
Quels sont les premiers prix pour accordéon diatonique correct ?
2000, 2500 F pour une bonne occase...
Où acheter ? Y a pas au supermarché ?
Plusieurs filières possibles :
- les petites annonces (par exemple au CADB, mais aussi dans les journaux)
: ça peut être très bien, mais il faut déjà avoir une idée de ce qu'on
veut. Inconvénient : on n'entend qu'un instrument à la fois.
- Les expos de lutherie genre St-Chartier : super parce que tous les luthiers
d'accordéons sont là, avec un max de modèles tout beaux, mais il faut
être capable de faire abstraction du boucan infernal fait par les affreux
instruments voisins (aïe, non, j'ai rien dit ! ). Et puis c'est loin et
c'est qu'une fois par an.
- Un luthier ou accordeur pourra vous faire entendre différents modèles
(c'est important d'avoir entendu le son de l'instrument, surtout si vous
ne jouez pas encore terriblement bien). Il pourra aussi vous conseiller
sur la présence ou non d'altérations et éventuellement modifier l'accordage
à votre convenance (tierces ou pas tierces, swing ou demi-swing ou autre...)
Quelques temps plus tard....
Votre Hohner 2915 tombe en miettes, vous n'en pouvez
plus d'enfoncer vos doigts dans les trous, le Père Noël est passé par
là ou votre tante Hortense a cassé sa pipe très loin aux States...
Alors, j'y mets-y des altérations zou pas ? et si
oui lesquelles ?
Vaste débat .... Pour lequel il n'y a pas de réponse toute faite. A vous
de voir : suivant vos finances, votre répertoire, voire votre philosophie
de l'instrument !
- les gavottes Montagne, celles d'Yves Menez par exemple sont grosses
consommatrices de sols dièses, et ça fait quand même pas pareil avec un
sol naturel
- si on aime bien les petits clins d'il " moderne " (je
simplifie), le mi bémol est sympa
- dans la série " pratique, l'essayer c'est l'adopter ", la
touche inversée sol-la (sol en tiré, la en poussé) est bien agréable.
Inconvénient : on s'y habitue trop bien, quand on se retrouve avec un
sol-do deux rangées, argh !
Et à part ça, je choisis quoi ?
Le choix est vaste, il y a de superbes instruments... Des boîtes pour
tous les goûts, des bois marquetés aux plastiques scintillants genre chromamusette...
Mais l'essentiel, c'est ce que vous en ferez !
