Comme promis, voici
un petit compte rendu du bal folk (le seul de l'Océan indien ? ) que nous
avons donné le samedi 10 novembre.
C'était le 7 ème, nous en organisons un tous les ans le samedi le plus
proche du 11 novembre. Pourquoi cette date ? Parce qu'il ne fait pas encore
trop chaud et parce que chacun a eu le temps de peaufiner son répertoire
après la relative coupure de l'hiver austral.
Au fait, "nous", c'est qui ?
Nous sommes 8 "jeunes" de 31 à 61 ans, qui avons formé "l'Atelier
d'Accordéon Diatonique de la Réunion, appellation toute formelle car nous
ne sommes même pas en association. Nous nous retrouvons deux samedis par
mois sauf coupure de l'été austral, chez l'un ou chez l'autre, de manière
tournante, pâtisserie à la pause. C'est Christiane, qui a joué dans un
groupe en métropole, qui a pratiqué la vielle et s'est mise à la clarinette
classique en do (oui!) qui anime, coordonne
et conseille. Chacun apporte ses suggestions et ses demandes de répertoire.
Nous nous sommes procuré les cahiers édités par "Trad' Magazine"
mais en travaillant plus les deux premiers cahiers et en laissant de côté
les cahiers bretons et d'Europe centrale.
Bien que chacun ait un caractère tranché, le petit groupe va bien et se
retrouve à quelques occasions hors atelier. Certains animent des soirées
dans des bistros ou en famille, l'un tient un restau et fait venir des
groupes (le groupe réunionnais "Pat'jaune" samedi prochain,
avec des ségas de leur compo) .
J'ai fait partie d'un spectacle de chansons et de textes sur le thème
du cabaret "le Chat Noir " de la fin du XIXème siècle.
Le bal : nous jouons une trentaine d'airs très variés : branles, scottishs,
marches, bourrées, brisquet, séga réunionnais, etc. 25 % du répertoire
est breton pour tenir compte de l'origine d'une partie des danseurs et
des instrumentistes ce qui ne veut pas dire que j'aie réussi à les convaincre
à s'abonner à "PA" d'ailleurs...
Nous jouons les airs qui nous plaisent et le plus difficile est de jouer
à deux ou trois, il faut apprendre à s'écouter et pour moi, à ne pas non
plus se laisser influencer par les autres. Chaque air est donc interprété
à deux, trois ou quatre selon les goûts de chacun.
Nous invitons aussi des amis à jouer avec nous : une jeune flûtiste de
formation classique (elle joue en lisant les partitions), l'année dernière
un bodhran pour accompagner les jigs et Pascal troque souvent son accordéon
pour la guitare.
A l'intermède, une jeune saxophoniste interprète des ségas. Lors du bal,
deux amis de toujours forment le soutien rythmique, René à la basse et
Claude à la batterie.
Naturellement, vous êtes tous invités au prochain bal du samedi 9 novembre
2002... J'ai oublié de dire que l'entrée est gratuite car seulement sur
invitation. Nous faisons passer un chapeau pour payer les frais (modiques)
de location de la salle et le bénéfice du bar nous a permis d'acheter
un tambourin pour marquer le rythme lors des répétitions et un ou deux
CD. Il nous faudrait acheter un HP de retour pour le bal folk .
Vous avez compris que nos moyens sont vraiment modestes mais comme nous
ne nous prenons pas trop au sérieux...
Puisque j'ai parlé de sega, autant
vous en faire parvenir une, c'est un peu l'indicatif du groupe Vavangue,
animé par Jean-Pierre Laselve depuis 1992 ( je crois) à la suite de l'éclatement
du groupe "les compères Grat'fils".
JP Laselve est l'auteur d'un livre référence sur " les musiques traditionnelles
de l'Océan Indien" Il a une collection d'instruments d'un peu tous
les horizons. Multiinstrumentiste, il a longtemps joué du diato mais opte
pour le banjo, la mandoline portugaise et le violon dans le groupe Grat'fils
qui s'est reconstitué cette année le temps de 3 concerts.
Jouer la sega, pas facile. On l'écrit en 2/4 mais la main gauche jouera
basse -accord -rien - accord. Et surtout la main droite ne jouera pas
carré (ce n'est pas une polka, même s'il y a de la polka dans ses gènes,
avec des rythmes africains) et marquera nettement les temps forts.
Deux veines dans le sega : la romance bluette et l'ironie, le "moucatage",
l'allusion gentiment érotique.
Parmi les autres ancêtres du sega, né au XIXème siècle, il faut citer
le salegy malgache.
J'ai pas mal de partitions de segas, jamais satisfaisantes je crois, certains
même écrits en 6/8 ... pour ma part je ne me risque pas à en jouer, c'est
véloce et puis on a vite fait de lui faire perdre tout tonus, tout caractère.
Et une valse :