Collectif Accordeon Diatonique de Bretagne

 

 

 

 

Bal folk à La Réunion

Yann-Fañch Penot

 

 

 

 

 

Comme promis, voici un petit compte rendu du bal folk (le seul de l'Océan indien ? ) que nous avons donné le samedi 10 novembre.
C'était le 7 ème, nous en organisons un tous les ans le samedi le plus proche du 11 novembre. Pourquoi cette date ? Parce qu'il ne fait pas encore trop chaud et parce que chacun a eu le temps de peaufiner son répertoire après la relative coupure de l'hiver austral.

Au fait, "nous", c'est qui ?
Nous sommes 8 "jeunes" de 31 à 61 ans, qui avons formé "l'Atelier d'Accordéon Diatonique de la Réunion, appellation toute formelle car nous ne sommes même pas en association. Nous nous retrouvons deux samedis par mois sauf coupure de l'été austral, chez l'un ou chez l'autre, de manière tournante, pâtisserie à la pause. C'est Christiane, qui a joué dans un groupe en métropole, qui a pratiqué la vielle et s'est mise à la clarinette classique en do (oui!) qui anime, coordonne
et conseille. Chacun apporte ses suggestions et ses demandes de répertoire. Nous nous sommes procuré les cahiers édités par "Trad' Magazine" mais en travaillant plus les deux premiers cahiers et en laissant de côté les cahiers bretons et d'Europe centrale.

Bien que chacun ait un caractère tranché, le petit groupe va bien et se retrouve à quelques occasions hors atelier. Certains animent des soirées dans des bistros ou en famille, l'un tient un restau et fait venir des groupes (le groupe réunionnais "Pat'jaune" samedi prochain, avec des ségas de leur compo) .
J'ai fait partie d'un spectacle de chansons et de textes sur le thème du cabaret "le Chat Noir " de la fin du XIXème siècle.

Le bal : nous jouons une trentaine d'airs très variés : branles, scottishs, marches, bourrées, brisquet, séga réunionnais, etc. 25 % du répertoire est breton pour tenir compte de l'origine d'une partie des danseurs et des instrumentistes ce qui ne veut pas dire que j'aie réussi à les convaincre à s'abonner à "PA" d'ailleurs...
Nous jouons les airs qui nous plaisent et le plus difficile est de jouer à deux ou trois, il faut apprendre à s'écouter et pour moi, à ne pas non plus se laisser influencer par les autres. Chaque air est donc interprété à deux, trois ou quatre selon les goûts de chacun.
Nous invitons aussi des amis à jouer avec nous : une jeune flûtiste de formation classique (elle joue en lisant les partitions), l'année dernière un bodhran pour accompagner les jigs et Pascal troque souvent son accordéon pour la guitare.

A l'intermède, une jeune saxophoniste interprète des ségas. Lors du bal, deux amis de toujours forment le soutien rythmique, René à la basse et Claude à la batterie.
Naturellement, vous êtes tous invités au prochain bal du samedi 9 novembre 2002... J'ai oublié de dire que l'entrée est gratuite car seulement sur invitation. Nous faisons passer un chapeau pour payer les frais (modiques) de location de la salle et le bénéfice du bar nous a permis d'acheter un tambourin pour marquer le rythme lors des répétitions et un ou deux CD. Il nous faudrait acheter un HP de retour pour le bal folk .
Vous avez compris que nos moyens sont vraiment modestes mais comme nous ne nous prenons pas trop au sérieux...

Puisque j'ai parlé de sega, autant vous en faire parvenir une, c'est un peu l'indicatif du groupe Vavangue, animé par Jean-Pierre Laselve depuis 1992 ( je crois) à la suite de l'éclatement du groupe "les compères Grat'fils".

JP Laselve est l'auteur d'un livre référence sur " les musiques traditionnelles de l'Océan Indien" Il a une collection d'instruments d'un peu tous les horizons. Multiinstrumentiste, il a longtemps joué du diato mais opte pour le banjo, la mandoline portugaise et le violon dans le groupe Grat'fils qui s'est reconstitué cette année le temps de 3 concerts.

Jouer la sega, pas facile. On l'écrit en 2/4 mais la main gauche jouera basse -accord -rien - accord. Et surtout la main droite ne jouera pas carré (ce n'est pas une polka, même s'il y a de la polka dans ses gènes, avec des rythmes africains) et marquera nettement les temps forts.
Deux veines dans le sega : la romance bluette et l'ironie, le "moucatage", l'allusion gentiment érotique.
Parmi les autres ancêtres du sega, né au XIXème siècle, il faut citer le salegy malgache.
J'ai pas mal de partitions de segas, jamais satisfaisantes je crois, certains même écrits en 6/8 ... pour ma part je ne me risque pas à en jouer, c'est véloce et puis on a vite fait de lui faire perdre tout tonus, tout caractère.

Et une valse :