Mai, cest décidé, quelques jours de vacances
aux sources de laccordéon.
Recherches sur Internet : le programme de Saint-Chartier, le Musée
de laccordéon à Tulle, la visite de la fabrique Maugein et les réservations
habituelles.
Juin, un petit intermède
avec la 13ème
rencontre européenne de laccordéon à Chartres.
Enfin juillet, les moments tant attendus.
Comme lan dernier, le programme des 26èmes rencontres internationales de luthiers et maître sonneurs à Saint-Chartier (36) était disponible sur Internet à partir du 15 mai. Jaime bien les instruments traditionnels mais je préfère laccordéon. Lan dernier cétait le concert de Ricardo Tesi, superbe.
Ricardo Tesi (juillet 2000)
Cette année concert-bal animé par Marc Perrone, le pied quoi ! Je planifie une seule journée, la journée de clôture.
En attendant, le 10 juin arrive. La 13ème rencontre européenne de laccordéon à lieu dans les locaux de Chartrexpo où nous accueille Claudine Aucher, la Présidente. Deux salles, deux spectacles différents, même prix cent francs pour les deux.
La première salle est un gala dansant animée par différents jeunes accordéonistes virtuoses comme Sabrina Rivière, Marielle Roy, Bénédicte Grimal, Sébastien Debard, Loïc Mallemanche, Armand Guimard, Dominique Bodin, Jo Sony et la vedette Alain Musichini et son orchestre. Ambiance bal musette du temps des guinguettes. Rencontre intéressante avec ces jeunes artistes du chromatique ; je déplore cependant la manie de trop pousser la puissance des amplis, même placé au fond de la salle mes oreilles souffraient.
Amplification correcte dans la deuxième salle, concert européen, en majorité du diatonique, avec pourtant une jeune française virtuose classique Agnès Andrighetto, le quartet suisse Böö De Le, les canadiens avec Raynald Ouellet, le quartet français Mam, le dominicain Joaquin Diaz, le trio colombien Antonio Rivas et lécossais Gary Blair : concert très instructif mais trop court. On aimerait prolonger ces moments pour encore mieux apprécier la diversité des genres.

Gary Blair (juillet 2001)
Une attention particulière à Gary Blair, scottish, que jai rencontré de visu avec plaisir après avoir communiqué avec lui par e-mail sur le squezzebox net. Gary Blair joue avec un accordéon piano chromatique acoustique et équipé midi ; malgré cela ( !) son punch et sa rapidité font pâlir les rois du diato Comme quoi, ce nest pas que laccordéon mais surtout laccordéoniste qui le fait
Une journée
daccordéon bien colorée qui ouvre lhorizon musical.
15 juillet : dernière journée
de la 26ème rencontre internationale
de Saint-Chartier, il fait beau temps. Sur le plan du site jentoure
les stands à visiter plus particulièrement, devinez lesquels ?
Bien sûr, une visite au stand de
notre ami Bernard Loffet toujours bien occupé (il est là pour vendre sa
production mais aussi pour réparer quelques accordéons de passage) et
accueillant.

Saviez-vous qu il y a peu de fabricants authentiques daccordéons, ceux qui fabriquent par eux-mêmes ? Saltarelle et même Hohner ont les yeux bridés de Chine. Les grands fabricants du diatonique sont le français Maugein et litalien Castagnari. Peu de gens savent que Castagnari fabriquait des accordéons chromatiques avant de se mettre à faire du diatonique il y a 20 ans grâce à Marc Perrone. Inversement, Maugein a commencé à fabriquer des diatoniques en 1919 puis rapidement du chromatique; lentreprise fabrique toujours du chromatique et, depuis 1996, du diatonique de qualité.
Avec une bien plus faible production, et à ma connaissance, on rencontre le français Bertrand Gaillard, litalien Giovanni Verde, le hollandais Frans Van der Aa. Jaurais tendance à croire que les autres sont des assembleurs, voire même des poseurs détiquettes, comme dans le domaine de linformatique où le pire côtoie le meilleur Au passage, notons quil y a des fabricants italiens qui commercialisent leurs modèles avec ou sans étiquettes.

Votre serviteur essayant un petit chromatique, pas mal du tout.
Rien ne vaut
dessayer les divers modèles présentés : souplesses des mécaniques,
réponse des anches, efficacité du soufflet, etc. Il vous faudra du temps,
une journée nest pas suffisante, toute la durée (4 jours) de la
rencontre est nécessaire car vous nêtes pas le seul visiteur et
le spectacle est permanent.
Je ne peux vous décrire les spectacles
de cette rencontre car jai, cette année, raccourci ma visite pour
seulement assister au concert-bal de Marc Perrone.
Ne vous limitez pas aux stands daccordéons, nhésitez pas à visiter les autres facteurs ainsi que les fournisseurs daccessoires et de bois. Vous y découvrirez les différentes essences de bois, vous pourrez les toucher, les sous peser, connaître leurs caractéristiques acoustiques qui vous permettrons de choisir mieux ce matériau le plus utilisé dans la fabrication de laccordéon.
Vous dénicherez aussi des enregistrements danciens joueurs daccordéon des différentes régions de France, en particulier de la Bretagne et du Limousin, etc. Jai rapporté un CD archive sonore de René Chalvet accordéoniste lozérien, un autre CD denregistrements dEmile Vacher de 1927 à 1939 et « une ptite histoire daccordéon diatonique ».
Après une longue attente, enfin le moment de grande émotion arrive ! En effet, Marc Perrone arrive sur scène dans une chaise roulante car il ne peut tenir bien longtemps sur ses jambes suite à un accident récent. Mais rapidement les doigts magiques estompent lincapacité motrice passagère. Il ouvre le bal comme lors dun mariage traditionnel et mène la danse avec des valses, du swing musette, des chansons de toujours, des airs à danser. Bien sûr, il joue sur des accordéons Catagnari, il en possède plus dune vingtaine ! Pour loccasion, deux modèles trois rangs avec 18 basses.

Je nai pas relevé les titres des uvres jouées tant jétais charmé et attentif au phrasé. Entre autres, trois petites notes de musique, mon amant de st-jean, locaccmacam, tarentelle, Padam padam, le fameux rocarocolo avec André Minvielle, sans oublier Marie-Odile Chantran avec sa vielle à roue, le contre chant à laccordéon avec Denis Tuveri et laccompagnement de Michel Peyratout, François Cornelou et Jean-Luc Bernard.
La piste de danse était couverte de danseurs, les spectateurs entonnaient les morceaux bien connus, un voyage dans le temps réussi. On sentait la jubilation de Marc Perrone malgré lhandicap qui le clouait sur sa chaise. A la fin du spectacle, il sest levé seul quelques secondes à laide de ses béquilles pour saluer le public. Un spectacle inoubliable.
En deuxième partie, la prestation du quartet Cory McCauley de Louisiane avec lancienne musique traditionnelle cajun. Trop aseptisée à mon goût, une présentation des artistes trop guindée, une suffisance bien américaine, une exécution trop académique je préfère une musique cajun plus authentique et vivante avec des artistes qui ne se prennent pas au sérieux. Je suis parti avant la fin.
Le lendemain 16 juillet, direction Brive-la-Gaillarde (19) pour la visite du Musée de laccordéon à Tulle.
En attendant lachèvement du grand pôle de laccordéon qui réunira tout ce qui concerne laccordéon (prévu en 2003). Les partitions et la devanture de la boutique CAYLA léguées au Musée de Tulle sy trouve déjà.
14h, arrivée dans la capitale de laccordéon ! Tiens, la grille du Musée du Cloître est fermée. A travers les barreaux on aperçoit des personnes qui sactivent, certaines avec un jet deau pour nettoyer un meuble, dautres avec un balai. Une personne nous dit que le musée ouvrira peut-être demain. Pas très rassurant.
Le Syndicat dInitiative est à quelques mètres de là. Javais oublié les inondations suite aux orages de début juillet ! Lhôtesse nous confirme louverture prochaine du musée et, comme je devais rester que 2 jours dans la région, elle maccompagne pour plus de précision auprès dune responsable du musée. Heureusement, la salle des accordéons est au 1er étage, la responsable nous permet de venir exceptionnellement le lendemain vers 11 h, la réouverture étant prévue en fin de semaine.
Je salue ici la courtoisie, la gentillesse et la compréhension des personnes rencontrées. Je souligne aussi le travail effectué par tout le personnel, dirigeants compris, pour le nettoyage et la remise en état des lieux : sous-sol et rez-de-chaussée.
Le lendemain, comme prévu, nous sommes accueillis par la responsable des accordéons. Elle nous guide vers la salle des accordéons. Japprends que notre hôtesse à travailler longtemps chez Maugein avant de venir au Musée. Une salle de 50 m² avec des vitrines tout autour. Des accordéons sur toutes les étagères, une centaine, quelques affiches dont une avec Bourvil, (oui, il était aussi accordéoniste). Lhôtesse me permet de prendre des photos. Les modèles exposés vont de lancêtre le Sheng jusquà nos jours.

On retrouve les ancêtres des années 1829 (Demian) et suivantes qui sont dune grande beauté. Avec un seul clavier, avec deux claviers, les mélodéons.

On rencontre les vedettes régionales : les diatos Dedenis dès 1900, les diatos et les chromas Maugein dès 1919.

Quelques accordéons italiens des années 1925 dont les usines nexistent plus : un diato « mixte » de Ballone et un chroma de Paolo Soprani.

Les provenances sont très diverses : des accordéons français, belges, allemands, italiens, etc. Beaucoup proviennent des collections de M. Pierre Monichon, de lusine Maugein ou dachats du Musée. Tous les facteurs daccordéons ne sont pas représentés et les modèles présentés ne sont pas tous exposés, cest évident et impossible. Mais cela donne une bonne idée de la diversité de production et des genres.
Tous ces accordéons sont en très bon état apparent car je nai pas pu les vérifier en fonctionnement réel. Pour bien scruter tous les détails, il vous faudra une heure ou deux. Cette collection déménagera et rejoindra le grand pôle de laccordéon de Tulle quand ce dernier sera terminé.
Après le déjeuner, direction la zone industrielle le Mulatet à la sortie de Tulle sur la route de Brive. Le rendez-vous pour la visite de lusine Maugein est pour 14h.
Nous arrivons en avance car je dois mapprovisionner de quelques pièces pour la restauration dun vieil accordéon chroma Maugein Frères dont jai fait lacquisition en octobre dernier pour une bouchée de pain.
Dans la salle dexposition je rencontre un personnage que javais vu à la télévision dans une émission documentaire sur un collectionneur daccordéon en Savoie. Mais cest bien sûr ! Monsieur Jeannot Perret, lhomme qui collectionne plus de 800 accordéons est devant nous !
Nous discutons de notre passion commune, je lui montre les photos de mon « épave ». Lannée 1940 imprimée sur la table dharmonie me faisait penser naïvement à une fabrication de 1940. Mais non me rétorque Jeannot, cest la date de réparation, ce maugein date de la période 1930-1935 ! Il mexplique alors que les fabricants nimpriment jamais la date de fabrication. A lépoque, certains réparateurs tamponnaient lannée de la réfection, en loccurrence ici 1940. Il me montre sur une étagère un modèle identique au mien.
Il y a une douzaine danciens accordéons qui sont exposés : deux ou trois diatoniques Dedenis et des diatos et chromas Maugein et Maugein Frères. Monsieur René Lachèze, que javais déjà salué à Saint-Chartier, nous accueille alors chaleureusement et nous précise que les maisons Dedenis et Maugein nont jamais eu de liens communs. La confusion, sil en est, vient du fait que Maugein travaillait chez Dedenis avant de créer sa propre maison.
Un groupe dune douzaine de visiteurs se joignent ensuite à nous. Monsieur René Lachèze accueille les nouveaux venus et présente lentreprise dont il est le gérant : « Les accordéons de France Maugein ». Cest une SARL crée en 1919 et qui regroupe une quarantaine de personnes (dont 12 personnes au service recherche). Son savoir faire est la fabrication complète dun accordéon : ébénisterie, mécanique, montage, accord. Elle possède des équipements spécifiques dans les différents ateliers ébénisterie, peinture, mécanique, montage, musique, accordage, etc.
Monsieur René Lachèze est un membre de la famille Maugein car il est larrière petit neveu par la grand-mère maternelle des fondateurs Maugein.
A laide dun modèle des années 1830, il montre le fonctionnement dun accordéon et les différents modèles posés sur les étagères. Il explique que comme toute entreprise qui se veut compétitive, certains éléments ne sont plus fabriqués directement mais sous-traités.

Les boutons
ne sont plus fabriqués depuis 1955, ils sont aujourdhui achetés
en Italie, ils étaient avant fabriqués par Mercier, un fabricant de boutons
(toutes sortes de boutons y compris pour les chemises !) de Saint-Etienne.
Il reste encore les outils qui iront au futur Musée de Tulle.
Les touches piano ne sont plus
fabriquées par Maugein depuis 1985, elles viennent dun fabricant
dAllemagne.
Les grilles côté chant ne sont
plus fabriquées à Tulle mais à Saint Laurent dans une entreprise qui fait
le découpage, le nikelage et la dorure étant réalisés dans une autre entreprise
à la limite de la Vienne et de la Haute Vienne à Bussières Patelet.
Les pièces de décolletage (paliers
en bronze, coins de soufflets, moyeu et bronze de lécrou moleté
de la bride main gauche seule la molette extérieure est réalisée
par Maugein) sont fabriquées à Salon en Savoie.
Les valises sont réalisées à Tarente,
les housses en Loir et Cher.
Depuis 1990, les courroies en cuir
viennent dItalie car aucun bourrelier français ne veut le faire
malgré un Chiffre dAffaires annuel de 200 000 Francs (30 500 Euros
environ) ! Seuls les dégradés
de peinture de certains modèles sont réalisés par un carrossier.
Tout le reste de laccordéon est fabriqué par Maugein dans lusine de Tulle y compris le vernissage et les couleurs. La fabrique daccordéons diatoniques a repris depuis 1996 avec la création dune raison sociale pour cela, avec une rondelle de porcelaine de Limoges.Le prix de revient dun accordéon se décompose comme suit : les achats de fournitures y compris celles décrites plus haut représentent 20% du prix Hors Taxes de laccordéon, les charges de lentreprise 17 à 18%, le reste est en main duvre.
Un accordéon
détude nécessite 53 h de travail, un 3 voix Musette 145 h, avec
boîte de résonance 170 h, un 4 voix 200 h.
Le délai de livraison pour les
modèles courants est de 7 semaines, jusquà 13 semaines.
Les accordéons ne sont plus recouverts de celluloïd depuis cette année, les seuls trois derniers ont été réalisés en 2000. Les raisons sont principalement techniques, de santé et fonction des demandeurs : les feuilles de plastique en celluloïd sont découpées puis soumises aux vapeurs dacétone pour les ramollirent, elle sont alors posées sur les caisses puis il faut attendre le durcissement par évaporation de lacétone, ensuite ponçage puis polissage. De plus les retouches sont possibles mais difficiles à réaliser. Actuellement les progrès technologiques mettent à disposition des peintures et des vernis très robustes et attrayants.

Fabrication et collage des sommiers
Les musiques sont clouées sur peau à laide de clous spéciaux striés afin de minimiser la remontée dans le bois. Létat actuel des recherches ne permet pas daffirmer la supériorité du collage à la cire. (NDR : sur mon Maugein en restauration, les musiques étaient clouées sur peau depuis plus de 60 ans, seuls 3 chassis danches avaient bougés !).

Les anches sont fabriquées par Maugein. Un spécialise règle les anches une par une et à la main. Pour les anches aiguës, selon les besoins, des plaquettes en laiton sont utilisées, elles donnent une meilleure réponse.

Chaque accordéon possède sa fiche signalétique comportant le nom de lacheteur et les caractéristiques demandées. Chacun peut donc choisir le bois utilisé. Il faut savoir que le noyer donne un son moins brillant. Le multiplis de qualité marine est utilisé par Maugein depuis 1937, il assure une bonne rigidité des caisses.
La visite seffectue datelier en atelier avec un guide qui nous donne toutes les explications nécessaires.

La mécanique des claviers et soupapes

Fixation par collage de la table dharmonie

Confection du soufflet
Je mattarde ici ou là tant et si bien que je me retrouve seul à discuter avec un des accordeurs sur la façon de faire. Bien sûr cela commence par le la3 à la fréquence choisie, en général 440 Hz mais varie selon les désirs de lacheteur puis on réalise la partition dune octave et on ajuste au fur et à mesure à loreille. Lappareil électronique est présent pour lever le doute car laccordeur lutilise peu. En effet, les anches sont déjà calibrées en fonctions de laccordage demandé. Il reste à harmoniser afin que les voix de laccordéon sonnent juste. Les accordeurs ont une bonne oreille.
La visite se termine et je rejoins la salle dexposition. Une jeune accordéoniste sexerce sur un diato 2 rangs. Puis une autre sur un chromatique. Ce sont des jeunes de valeur ayant 5 à 7 années de pratique, elles promettent.
Le groupe se disloque et, en attendant de recevoir mes fournitures, nous continuons à discuter avec Monsieur Jeannot, moi avec lui, ma femme avec sa dame. Japprends quil fera une exposition au printemps prochain à Paray-Vieille-Poste, une ville à côté de chez moi dans lEssonne, nous y serons.
Puis Monsieur Jeannot, tout le monde lappelle par son prénom, prend son accordéon, feuillette des partitions et démarre un petit concert musette auquel je ne mattendais pas. Cest un bon accordéoniste malgré quil sen défende. Comme mon père, il na pas embrassé la carrière, mais il joue de laccordéon depuis son plus jeune âge et ont aujourdhui 78 ans ! Il me reste encore quelques années pour en faire autant ! Un habitué des lieux qui essayait son accordéon rénové, me propose de lessayer aussi. Que cest agréable de jouer sur un instrument pratiquement neuf !
Il est bientôt 18h, mon paquet mattend depuis longtemps, nous prenons congé de Monsieur et Madame Jeannot, nous remercions Monsieur René Lachèze de sa gentillesse et de laccueil.
Nous repartons vers notre hôtel enchantés du pèlerinage aux sources de laccordéon.
La nuit fut nacrée daccordéons, je rêvais à ma future collection (déjà quatre modèles dont un Bernard Loffet) mais je ne rivaliserai jamais celle de Jeannot ! Cest sûr, je reviendrai et assisterai à de vraies « nuits de nacre » de Tulle quand je serai en retraite car cela se passe comme à Saint-Chartier, 4 jours, mais en septembre quel dommage.
A lexception des 4 photos dartistes, toutes les autres sont de lauteur Daniel PALLESCO
Texte original du 02/09/2001, modifié le 11/05/2003. Copyright © 2001-2003 - Daniel PALLESCO