Collectif Accordeon Diatonique de Bretagne

 

 

 

 

Ces danseurs pour qui nous jouons ...
Nelouche

 

 

 

 

 

Je ne suis pas musicienne, mais danseuse. Mais sans musique, pas de danse, 's pas... et puis, le corps est un instrument aussi.

J'ai commencé par les danses bretonnes, par le biais d'amis passionnés par la Bretagne. Je suis restée "paf" après le premier fest-noz auquel j'ai participé, il y a un peu moins de dix ans : tous ces gens de tous âges et de tous horizons qui dansaient ensemble au clair de lune, avec les musiciens sur leur camion, c'était magique.

Ce que je trouve dans la danse :

Une formidable école d'ouverture et d'écoute de l'autre et de soi, d'abord. Dans les danses collectives, comme dans les danses de couple, on peut prendre plaisir à danser, point. Mais si on arrive à être vraiment ensemble, en accord avec les autres sans être coupé de soi, alors ça décolle vraiment et ça devient magique. Un bon partenaire sait guider et se faire plaisir tout en s'adaptant à l'autre, à son niveau et à ses envies. Pareil dans les chaînes et les ronds.

La force du lien qui unit les musicien-ne-s et les danseurs et danseuses est quelque chose de magique aussi.

Une formidable école de modestie ensuite : on n'a jamais fini d'apprendre... En fait, c'est quand on commence à se dire qu'on devient bon-ne qu'on s'aperçoit de tout ce qu'il nous reste à apprendre et que le chemin n'est jamais fini. C'est ça qui est bien : l'ego en prend toujours un coup. Parce que bien danser, comme bien jouer ou chanter, c'est bon pour l'égo faut bien l'dire, hein ? Et faire du bien à son ego, y'a pas d'mal. Comme quoi, tout est dans tout. L'important c'est l'équilibre. Danser en fait, c'est comme fréquenter les enfants : on s'aperçoit qu'on apprend autant des gens qui sont moins loin qu'eux apprennent de nous...

Une école de tolérance aussi : si on a envie d'avancer dans la maîtrise de la danse, il faut pouvoir le faire tout en restant capable de prendre plaisir à danser avec ceux qui sont moins loin sous peine de se retrouver à danser entre "pros", quel dommage et quelle perte !

Une école de patience : on n'apprends pas à valser ou gavotter en trois bals. Et une fois qu'on sait, il faut encore du temps avant de se sentir à l'aise, avant de pouvoir détacher son attention de son corps et la porter sur les autres et la musique. Mais quel plaisir quand on arrête de compter les temps, de regarder les pieds du voisin et qu'on se met à vibrer avec la musique !

Une école d'intériorité, de concentration et d'assise : pour que la danse marche, il faut être bien avec soi-même, avec les autres, et à ce qu'on fait. Et dans la vie, c'est pareil.

Une école de sociabilité enfin : quand on pratique la danse depuis suffisamment longtemps, vient un moment où on arrive à s'exprimer individuellement tout en restant en communication, voire en symbiose avec les autres, et c'est formidable.

En plus, on rencontre tout le temps plein de gens, et ce qui est vraiment chouette, c'est surtout qu'on rencontre plein de gens de milieux différents : de la femme de ménage au prof d'unif, de la blonde décolorée à l'indien urbain avec chien. Et dans nos vies si cloisonnées, si bien rangées, ça devient rare et difficile d'entrer en contact avec des gens différents de ce qu'on est soi-même...

 

Et puis, au delà de toutes ces rationalisations, danser et chanter, c'est... GAI !!!!

Nelouche

 

P.S. :

A propos des danses bretonnes, qui sont décriées par beaucoup de danseur-e-s, parce que répétitives et "lourdes" : quand le rond est bien rond, quand les danseur-e-s qui forment la chaîne sont bien ensemble, et bien avec les musiciens, la force qui se dégage du groupe est énergisante. Ça défatigue. Et la répétition entraîne des phénomènes de transe qui libèrent du stress et des tensions du quotidien.