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enfants sur la piste
Yannick
Thomas
( Paroles d'Anches n° 30 )
Nous
sommes le Vendredi 20 juin, jai rendez-vous au Gymnase St-Marc à Brest
à 9h. Je my rends assez tôt car je ne connais pas lendroit exact,
je préfère assurer.. Cest juste en face du stade Francis Le Blé, fief
du stade Brestois. Je trouve assez rapidement la salle.
Il fait un grand soleil sur Brest, la journée sannonce bien.
Bob Le Crann, conseiller pédagogique, faisant partie de lorganisation,
est déjà là. Cest lui qui a apporté la sono. Je laide à descendre
tout le matériel du coffre, et on commence le monter.
Nous sommes maintenant dans une grande salle omnisports, bordée de gradins,
avec deux grandes fresques peintes à chaque bout de la salle, représentant
différents sports. On hésite un moment à installer la sono sur le gradin,
finalement on se place au bord de la salle, devant la table de marque.
Petit à petit, les collègues musiciens arrivent : Françoise, diatoniste
et chanteuse, Véronique, diatoniste et flûtiste, Armelle, diato et prof
de danse, Robert chromaticien et guitariste, et Jean-Lou, diatoniste et
retraité. Certains ont dû prendre leur "RTT", cest dire
limportance de cette journée.
Il faut dire que ça fait bien six mois que lon en parle sérieusement
de ce bal breton. Gilles Cassar, animateur sportif à lUSEP, association
dépendant de la Fédération des uvres Laïques, a ce projet en tête
depuis quil a vu cette même manifestation dans le Morbihan, animée
par Yann Dour, en 2002.
Il sagit de faire apprendre à des enfants de primaire plusieurs danses
traditionnelles bretonnes dans leur cadre scolaire, et de se retrouver lors
dune journée à huit ou dix classes pour danser ensemble, autour des
musiciens, dans la plus grande convivialité.
Alors Gilles motive quelques personnes autour de lui, et il me contacte
pour lanimation musicale. Cest une première dans le Finistère.
Lors dune réunion préparatoire, nous choisissons les morceaux musicaux.
Pour les " petits " (GS, CP, CE1), on jouera la dérobée tourniquet,
la drôlette, les gars de Guilliers, la polka des enfants, les lavandières,
Mains aux genoux.
Pour les grands (CE2, CM1, CM2), on jouera un hanterdro, la cochinchine,
le pachpi, le rond de Landéda, le galop Nantais, la polka piquée, le cercle
circassien.
La seule contrainte pour nous est de jouer exactement les airs qui figurent
sur le CD que Y.Dour et Y.Le Blanc ont réalisé pour lUSEP, afin de
ne pas perturber les enfants.
Les semaines suivantes, les écoles de la région brestoise sont contactées,
à Guipavas, Plougastel-Daoulas ou Landerneau, et les instituteurs sont conviés
à une réunion dapprentissage des danses. Le projet prend forme, on
sent que ces personnes sont motivées. Elles vont devoir apprendre les différentes
figures de danse et les transmettre à leurs élèves .
Côté DPAB, on répète régulièrement. Véronique cherche à reproduire quelques
variations du CD. Ce nest pas facile à trouver car la tonalité nest
pas la même, mais elle sadapte
Il est maintenant neuf heures et demie passé, la sono est prête, les balances
sont faites, et les premières classes arrivent en rang par deux dans la
salle. Ce matin, ce sont les " petits " qui dansent. Ils prennent
place dans le gradin. Quand tout le monde est là, Gilles prend le micro
et présente le déroulement de la matinée.
" Et maintenant, place à la musique ! " lance-t-il enfin.

Les enfants descendent dans la salle et se mettent en ronde pour Les Lavandières.
La musique démarre, et les rondes commencent à tourner.
" Au bord de la rivière, y avait 10 lavandières
"
Les enfants connaissent bien les danses et cest " kalz plijadur
" pour tout le monde. Les morceaux senchaînent et les quelque
180 enfants présents nous impressionnent par leur aisance. Le dernier morceau,
"Mains aux genoux ", ils ne lont pas appris, cétait
prévu comme ça. Bob prend le micro et montre les gestes. Armelle, qui donne
par ailleurs des cours de danse à Plouédern, prête main forte aux instituteurs.
En cinq minutes, les enfants ont pigé, et en avant la musique :
"
amusezvous jeune fillette, vous naurez pas le
temps demain
"
Puis cest lheure de la pause, le goûter bien mérité est offert
par la ville de Brest.
Et cest reparti pour un tour, on joue une seconde fois tous les morceaux.
Tout le monde est plus détendu, joyeux. Vers midi, la fête sarrête
et les enfants, heureux, regagnent leur école à pied ou attendent le car
qui va les ramener.
Gilles sort un petit vin blanc bien frais pour nous remettre des émotions
du matin. Françoise et Véronique ont préparé un pique-nique copieux. Faut
dire que Robert, lhomme au chromatique, a un bon coup de fourchette
Après un petit café au bar des sports, on se remet en place pour accueillir
le groupe des " grands ". Laprès-midi, cest memestra
, avec en prime certaines classes qui ont travaillé les danses sur des pas
différents. Vers 16h, nous terminons sur un cercle circassien.
Les organisateurs parlent déjà dun autre ou de dautres bals
bretons, à Landerneau, ou à Brest, et pourquoi pas sur la place de la Liberté
?
Bob range sa sono, la salle se vide. Le premier bal breton finistérien a
vécu, place au suivant !
Comme les accordéons sont encore chauds et quon a du mal à se quitter,
on descend sur le port de commerce jouer quelques airs marins autour des
bateaux, près de l'Etoile et des peintres de la marine qui sont venus dédicacer
leurs livres. On se quitte. Le fond de lair est encore chaud, le soleil
nous aura accompagné toute la journée, toute cette Belle journée.