T'es qui Toi?
Philippe Guedon
(Parole d'Anches N° 36)
Depuis 7 années déjà,
j'apprends l'accordéon diatonique au sein d'une association....
En fait d'apprendre, je ferai mieux de dire je m'évade car cet
apprentissage est le formidable exutoire d'un travail beaucoup trop envahissant
et je prends beaucoup de plaisir à enchaîner quelques mesures
malheureusement pas toujours très mélodieuses!
Vous aurez donc compris que je n'ai aucune prétention musicale,
et sans doute pas les moyens d'en avoir: je ne connais rien du solfège,
ni de la musique bretonne qui m'est enseignée et surtout, je n'ai
pas le temps de travailler.
Pourtant, l'ambiance, la musique et l'instrument lui-même, me procurent
beaucoup de plaisir et finalement... je crois que c'est l'essentiel.
Si on ne me reconnaît pas de talent musical, tout le monde s'accorde
à dire que je suis un bricoleur averti et je me suis mis en tête
de comprendre précisément comment fonctionne mon instrument
favori pour peutêtre, un jour, essayer de fabriquer un instrument
artisanal.
Les différents «Petits reportage photos à l'intérieur de ...» sont évidemment passionnants mais rien ne remplace sa propre expérience !
Comme je n'ai pas osé ouvrir le joli Castagnari que ma Bien-Aimée m'a offert, je me suis mis en quête d'un accordéon d'occasion qui accepterait d'être éventré, sans crier, pour me dévoiler ses secrets, voire me servir de modèle.
Le hasard a fait que j'ai pour quelques dizaines d'Euros, 73 exactement, fait l'acquisition de cet instrument.
Mon objectif pédagogique initial s'est
maintenant étoffé et je vais maintenant essayer de le restaurer
; je ne l'ai pas étripé mais effeuillé...
Ce que j'ai découvert:
Bien quej'en doute énormément, l'accordéon m'a été
vendu comme datant de fin 19iéme début 20ième.
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Fin 19 ème, certainement pas, il a deux rangées de boutons. Il s'agit très probablement d'un accordéon allemand du début du 20ème siècle (1900 à 1918). Marque probable : Koch (qui a été repris par Hohner ; avant guerre) ou Impérial - Bernard |
Le clavier:
- Les touches semblent être en pâte de verre et sont percées
au centre pour pouvoir être fixées par une petite vis à
bois.
- Le clavier est fermé d'une tôle ciselée mais ne
possède aucune marque ni signature.
- Le caisson est tapissé et orné d'un liseré en marqueterie.
- Les peaux des anches sont en bon état mais nombre d'entre elles
avaient déjà été remplacées.
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J'ai relu assidûment mes 27 Paroles d'Anches (Eh ! oui, il me manque les 7 premiers numéros) en particulier tous les trucs et astuces de Bernard Loffet mais... «Sur les traces de l'axe perdu» du N°34 ne m'a été malheureusement d'aucun secours car l'axe était tellement rouillé qu'il s'est cassé à plusieurs reprises. Finalement je me suis résigné à utiliser un chasse-axe du même diamètre et ... un maillet. Plusieurs interstices des touches n'ont pas résisté à l'opération, c'est donc la première étape de ma restauration.
Le caisson et la table mélodiques:
- La caisse et la table sont en merisier.
- Les deux sommiers mélodiques sont démontables et l'étanchéité
est assurée par une fine peau de cuir.
- Hormis la partie en contact avec la table, elle aussi en merisier, le
sommier est en sapin.
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Les anches (il en manque plusieurs) sont pour une grande majorité d'entre elles frappées du signe suivant:
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D'ailleurs, à elles seules les anches m'amènent
plusieurs questions :
- Ce signe permet-il d'en définir l'origine ?
- Avec le peu d'anches restantes, peut-on définir la tonalité
d'origine de l'instrument ?
- Est-il possible de remplacer uniquement les peaux des anches restantes
?
- Ou se procurer un jeu d'anches et la cire adaptés ?
- En résumé, est-il possible de ne pas tout confier à
un professionnel, pour garder le plaisir intact ?
Le soufflet :
- Le soufflet n'est pas en très bon état, il est coupé
à plusieurs endroits ; je me demande bien comment réparer
tout ça ?
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- J'ai noté à l'intérieur
différentes inscriptions au crayon qui sont pour moi indéchiffrables.
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- Sur ce genre d'instrument il vaut mieux ne pas enleverl'axe
: en dévissant le clavier, on a accès aux ressorts, aux
cuirs des soupapes. et il est possible de poncer/limer une touche qui
coince, remplacer les ressorts est
souvent indispensable.
- La couronne sur les anches le signe qui indique l'extérieur de la plaquette, le "poussé " indiquerait plutôt une fabrication "Impérial".
- Il faudrait dérouiller les anches. les nettoyer et retrouver leur place sur les sommiers, changer toutes les peaux, recirerles anches (cire spéciale!!!). la cire et les peaux (agneau, vinyle) s'achètent chez les réparateurs.
- Soufflet : les coins métalliques doivent
être resertis, les peaux d'angle abîmées sont renforcées
à la basane d'agneau. Le carton cassé ou "croqué"
se renforce avec une pièce dans le même carton (voir votre
réparateur préféré!).
Bernard.
Le caisson main gauche :

- Seul le sommier des accords est démontable.
- Il manque le bouton de la soupape mais ceci ne présente pour
moi aucune difficulté.
- Cet instrument a déjà subi quelque réparation sommaire
car un clapet est fixé à sa tige métallique par une
punaise !

- La table est fendue, et je suivrai les conseils
de Bernard Loffet en page 25 du numéro 30 !
.
Voilà, je crois que cet instrument a dévoilé tous
ses secrets... ou presque, car je ne connais toujours ni son nom ni son
âge !
Merci infiniment de l'aide que vous pourrez m'apporter et du temps que
vous aurez consacré à cette lecture. Mélodieusement
Philippe GUEDON.
Extrait de Paroles d'Anches 30
Jean-Luc parle ici de changer la table qui est fendue... Sur un accordéon
ancien, dans le cadre d'une restauration, on évitera de changer
les pièces intervenant dans le son, ou de structure. Il vaut mieux
ici mettre un "Flopot", une petite pièce de placage,
bien ajustée à la fente, et la coller avec une colle compatible
(l'instrument était collé avec de la colle à chaud,
type colle d'os). Colle compatible : une colle à chaud (colle d'os)
ou de la Tite Bond, colle spéciale lutherie, (pub gratuite) qui
durcit, contrairement à la majorité des vinyliques qui restent
souples. Sur une table d'harmonie, c'est indispensable.
Bernard