Troque trac contre trucs
Yannig AN HEN
(Parole d'Anches N° 23 mars 2002)
Ça y est ! C'est le grand moment, celui que vous souhaitiez parfois, celui que vous attendiez avec appréhension, voire redoutiez : jouer sur scène, en public, tout seul comme un grand, sous le feu des projecteurs, en point de mire, face à la foule des anonymes.
Forcément ça change des petites prestations en famille ou devant des amis tout acquis à votre cause et généralement très indulgents.
Mais soudain, qu'est ce qui se passe ? Au moment de passer sur scène ou même simplement d'y penser à l'avance : tension, mains moites, sudation, parfois tremblements, envie irrésistible d'aller au petit coin et surtout d'être à cent lieues de là, bref, le TRAC!!!
Qui n'a pas connu ça, surtout les premières fois ? C'est une sensation très désagréable et loin de s'arranger en montant sur scène, c'est la panique à bord ! Impossibilité de démarrer correctement, répertoire oublié, tempo hyper rapide d'où notes loupées et parfois morceau terminé dans la confusion voire inachevé, c'est la débandade ! Pourtant à la maison tout seul, il n'y avait aucun problème, vous jouiez comme un dieu ou une déesse... et vous quittez la scène avec l'impression de vous être ridiculisé.
Parfois, loin de s'arranger, rebelote à chaque prestation le trac se perpétue et devient une véritable obsession.
Mais d'abord, qu'est ce que le trac ? Définition: fam; peur, angoisse irraisonnée éprouvée au moment de paraître en public, de subir une épreuve, etc. Merci Monsieur Larousse.
Eh bien oui, le trac c'est un truc incompréhensible dû à un stress, qui semble incontrôlable et qui vous tombe dessus soit longtemps à l'avance, soit au moment de monter sur scène, alors que l'on se sentait fin prêt et détendu, et qui vous fait perdre vos moyens, de 40% à 60 % voire plus ... et vous vous retrouvez à jouer comme un débutant.
Alors la première question est : est-ce qu'il y a des personnes qui n'éprouvent jamais le trac ? Très intéressant, non ?
La réponse est à mon avis: non et heureusement! Car dans ce cas là nous ne serions que des machines à jouer de l'accordéon et pas des musiciens car qui dit musique dit justement émotion et sensibilité. En fait, tout le monde éprouve du trac à des intensités différentes selon son émotivité certes et chacun le maîtrise plus ou moins, mais surtout chacun a ses petits trucs pour y parer. Le trac est inhérent à toute expression en public et il ne faut jamais chercher à l'éliminer mais à le maîtriser dans la mesure du possible. Un trac bien contrôlé devient un allié précieux et permet sur scène de se surpasser et de donner le meilleur de soi-même.
Mais alors, comment font les autres?
Il n'existe pas vraiment de recette miracle pour le contenir, chacun se forge au fil de sa progression des petits trucs qui vont lui permettre de jouer en public. En voici quelques-uns:
lère règle (d'or) : Maîtriser parfaitement le répertoire que l'on va interpréter sur scène.
Là, nous touchons je crois un des problèmes majeurs des prestations médiocres sur scène.
En effet, allez, là, franchement, entre nous, que ceux qui montent sur scène en possession parfaite de leur répertoire à interpréter tant du point de vue technique que de la simple mémorisation lèvent le doigt et on ne se cache pas derrière les autres, dans le fond là-bas. Forcément ça ne fait pas beaucoup de monde.
Vous allez me dire: " Ouais, mais nous on n'a pas que ça à faire, on n'est pas des pros ".
Je vous réponds : " Jouez selon votre niveau et vos capacités car mieux vaut cent fois entendre un air simple bien rythmé et bien joué qu'un air plus complexe et mal maîtrisé. "
De plus, il ne faut pas se contenter de posséder son répertoire à la maison à 100% mais plutôt à 140% ou 160% en prévision des pertes d'interprétation dues au trac. Donc pas de secret, il faut répéter et répéter encore même si on a l'impression d'être au top. Lentraînement doit être régulier plutôt que de répéter en dents de scie une fois de temps à autre, ou pire trois heures la veille, ou juste avant la représentation. Comme un iceberg, la prestation scénique n'est que la partie apparente du travail de fond du musicien qui doit s'entraîner un peu comme un athlète, tout au long de l'année.
2ème règle: jouer au maximum en public
En effet, plus on joue en public et plus ça devient une habitude et un peu une routine. Alors, il ne faut pas hésiter à sortir son instrument dès qu'on vous le demande ou dès que l'occasion se présente et ce pour quelque occasion que ce soit : audition, concours, animation, démonstration, scène ouverte, etc et dans les conditions les plus variées : bar enfumé, quais de port, repas familiaux, etc ou encore pour accompagner d'autres musiciens. C'est une bonne habitude à prendre et ce dès le début de l'apprentissage; commencer par la famille, puis les amis et élargir son champ d'investigation au fil de sa progression; ici les parents ont un rôle important à tenir pour les enfants.
Une bonne chose, c'est de faire, dès le début, danser des gens, par exemple quand l'association qui donne les cours d'accordéon est couplée avec une association de danseurs. On le voit de plus en plus souvent.
Trucs en vrac
Le répertoire:
Un répertoire ça se travaille certes mais aussi ça se prépare. Normalement, on possède toujours un répertoire type, un peu standard, représentatif de ses connaissances et qui s'adapte à la majorité des situations où l'on va intervenir. En général, inutile d'avoir un stock énorme de morceaux (ça n'impressionne personne), il vaut mieux privilégier un nombre raisonnable d'airs bien travaillés notamment au point de vue technique et au niveau de la forme et permettant par exemple deux interventions de vingt minutes.
Chaque année on rajoute des nouveaux morceaux apportant de nouvelles perspectives d'évolution et on enlève ceux que l'on n'a plus de goût à jouer ou ne correspondant plus à son niveau. Mais il vaut mieux éviter de remplacer entièrement son répertoire chaque année!
Il importe aussi de se renseigner sur le type d'intervention prévue car parfois il faut adapter son répertoire à la situation, son état physique ou au public: fest-noz, mariage, soirée cabaret, club troisième âge, concours, etc. On nejouera pas la même chose!
Il faut réfléchir aussi à l'enchaînement des morceaux en intercalant par exemple des airs techniquement difficiles avec d'autres plus faciles de manière à récupérer et ne pas s'épuiser tout de suite ou encore des danses endiablées avec d'autres moins fatigantes et plus cool; pensez aux danseurs!
Avant de monter sur scène:
Evitez absolument dans la mesure du possible d'arriver à la bourre pour jouer mais présentez-vous en avance de manière à repérer les lieux, la scène, la salle,
l'ambiance, si vous connaissez du monde, informezvous des changements éventuels de programmation, jetez un coup d'oeil à la sono, prenez contact avec le sonorisateur et le au les organisateurs.
Vérifiez votre matériel, courroies, sangles, système, intégré de micros, accordez-vous avec les autres musiciens, préparez une petite bouteille d'eau si vous devez jouerlongtemps.
Points importants:
- Lavez-vous les mains (surtout si vous teniez le stand sandwich jambon beurre avant votre passage !) et ayez un chiffon pour vous essuyer les mains si vous avez tendance à avoir les mains moites à cause du trac.
- Prenez aussi la précaution de coller un petit papier sur votre accordéon dans un endroit discret où vous aurez inscrit votre répertoire dans l'ordre où vous allez l'interpréter
- Si votre passage doit durer un temps précis, regardez s'il y a une horloge visible du podium, profitez-en pour vous renseigner sur votre horaire et votre durée de jeu. De toute façon dans la mesure du possible, essayez de respecter le temps imparti ; l'organisateur (et je peux vous dire en connaissance de cause que c'est un très gros boulot d'organiser une soirée) vous en saura gré et vous payera peut être un coup après, on ne sait jamais.
- Enfin, en attendant votre passage, déposez si c'est possible et s'il y a la place, votre caisse et votre matériel dans le fond de la scène prêt à être utilisé, c'est encore là qu'il sera le plus en sécurité plutôt que de le traîner avec soi (ce qui n'est pas pratique) ou de le déposer dans la salle sans surveillance.
Tout ceci permet de maîtriser la situation, occupe l'esprit, tranquillise, sécurise et diminue le stress.
L'état d'esprit
Enfin, préparez-vous psychologiquement en évitant de
vous répéter intérieurement comme un leitmotiv " Je vais me planter,
je sens que je vais me planter... " car c'est justement le meilleur
moyen .... de se planter!
Au contraire essayez de vous détendre en vous disant par exemple "
Bon, j'ai fait le maximum pour que ça marche, j'ai bien préparé ma prestation
selon mes possibilités et le temps dont je disposais, après tout je fais
ça pour me détendre et tant pis si je fais quelques erreurs, j'essayerai
de les rattraper de mon mieux".
*Les alliés ou complices:
Un autre point intéressant et que j'utilise fréquemment, c'est de prévoir un certain nombre de personnes, amis ou famille, qui vont vous accompagner à la salle et vous soutenir pendant votre prestation.
Si vous êtes venu seul, essayer de repérer des copains/copines ou connaissances (on connaît toujours du monde un soir de fest-noz) ou encore arrangez-vous avec les autres musiciens qui se produiront sur scène, vous leur payerez un coup après si nécessaire ou leur renverrez l'ascenseur en les aidant à votre tour.
Ces complices, vous allez les répartir de la manière suivante:
1) Les complices danseurs
Ce sont les plus importants ; choisissez une ou deux personnes (de préférence un couple), bons danseurs, habitués à mener les danses si possible, et informez-les du programme que vous allez jouer sur scène.
Entendez-vous avec eux pour qu'ils démarrent tout de suite les danses en les montrant et en entraînant après eux toute la salle car il n'y a rien de plus stressant que de voir une salle où personne ne danse pendant qu'on joue (souvent parce que l'on a oublié dans l'affolement d'annoncer la danse ou parce que les gens n'ont pas compris ce que vous disiez.) De plus, en cas d'incident pendant votre prestation (si jamais vous loupez une note ou que votre tempo devient irrégulier par exemple), ces alliés vont vous aider en relançant la danse, en s'adaptant au tempo voire en poursuivant la danse en chantant si vous avez complètement perdu le fil de la mélodie et cela jusqu'à ce que vous repreniez pied. Il faut qu'ils se placent sans hésiter au centre de la salle, bien en face du musicien et prennent tout de suite la position que la danse demande: chaîne, ronde, couple, etc.
De toute façon, si jamais vous loupez une note ou que vous vous trompez dans le morceau, surtout, pas de panique, dans la mesure du possible et à moins d'avoir complètement perdu le morceau, restez serein et faites comme si de rien n'était, dans la plupart des cas ça passera comme une variation ou un effet quelconque.
2) le complice tempo
Quand on joue sur scène, on accélère ou on varie très souvent le tempo sous l'emprise du trac et cela généralement sans s'en apercevoir.
Aussi, il est intéressant d'avoir un complice disposé discrètement en bas et sur le côté du podium, que l'on va consulter régulièrement du regard pour savoir si on est bien en phase au niveau tempo avec la danse et les danseurs et qui va vous indiquer s'il faut accélérer ou ralentir. Il vaut mieux prendre un musicien, pourquoi pas son professeur d'accordéon s'il est présent, ou un danseur. Vous me direz que vous pourriez vous repérer sur les complices danseurs qui mènent la danse ? Oui mais justement ils mènent déjà la danse et sont bien occupés et de plus s'il y a beaucoup de monde ils vont avoir tendance à disparaître au milieu de la foule des danseurs ... et vous, sur scène, vous aurez déjà suffisamment à faire sans en plus chercher vos repères tempo au milieu d'une masse de danseurs déchaînés.
3) le complice sono
J'ai l'habitude aussi de demander à une personne queje connais de se poster bien au centre de la salle et de me signaler si les micros sont bien réglés et si on entend bien les deux claviers que je fais sonner l'un après l'autre; ne pas oublier le micro pour la voix si on chante En effet, le sonorisateur, surtout s'il travaille seul, ne va pas forcément passer son temps à courir de la console jusqu'à la scène à chaque changement d'intervenant pour régler les micros.
N'oubliez pas que vous êtes sur scène pour être entendu.
4) le complice scène
En dernier recours, si vous avez l'impression que votre prestation va être un véritable fiasco tellement vous avez le trac, n'hésitez pas à jouer à plusieurs sur scène. En effet, c'est très rassurant et si jamais vous vous plantez, l'autre va rattraper ou poursuivre (enfin, on espère!).
Cependant, il faut prévoir son ou ses complices scène à l'avance car bien sûr ils doivent connaître les airs et vous devez quand même avoir l'habitude de jouer un minimum ensemble (par exemple des élèves du même cours que vous ou encore votre professeur ), car ce n'est pas la peine de se rajouter des problèmes sur scène! En aucun cas ces complices ne doivent devenir pour vous une gène ou un stress supplémentaire.
S'enregistrer sur scène
Vous pouvez demander aussi à quelqu'un d'enregistrer ou filmer votre prestation. Ainsi, à la maison vous pourrez tranquillement analyser et améliorer votre représentation.
Ce qu'il faut éviter
Avoir un jeu figé
Au début, on se plante souvent en jouant parce que notre jeu est figé sur le thème que l'on répète invariablement un nombre X de fois. Aussi, il suffit que l'on loupe une note pour que l'on soit perdu et que tout s'écroule. Une des manières d'éviter de se tromper sur scène en jouant, c'est justement de prendre l'habitude de jouer son morceau à la maison en cherchant des variations, en brodant ou en improvisant sur le thème, bref en prenant des risques. Si bien que lorsque vous interpréterez votre répertoire il vous sera beaucoup plus facile de rattraper une erreur éventuelle car vous serez préparé à ce genre d'incident.
Répéter de manière intensive la veille ou juste avant de se présenter sur scène:
A mon avis ça ne sert plus à rien du tout, de toute façon si vous n'êtes pas au point, répéter comme un malade à ce moment là ne servira qu'à augmenter la tension et le trac et à vous fatiguer physiquement. Au contraire laissez votre corps et votre esprit se reposer pendant une journée, pensez à autre chose et ainsi vous serez bien plus détendu le jour de la prestation. Evitez quand même de pratiquer des activités physiques intenses qui vont vous épuiser, surtout au niveau des mains, comme couper trois mètres cube de bois ou démonter son tracteur préféré!
Enfin, abstenez-vous de changer de
répertoire au dernier moment
sauf si on vous en fait la demande expresse, et encore n'acceptez que
si vous êtes certains que ça ne vous posera aucun problème.
L'alcool:
Lintérêt de l'alcool pour jouer sur scène est très discutable. C'est vrai que ça apaise les tensions, semble donner de l'assurance et le sentiment de mieux jouer. Cependant, si vous prenez l'habitude de monter sur scène en étant stimulé par l'alcool, ceci deviendra très rapidement une habitude et vous ne pourrez plus vous passez de ce petit excitant à chaque prestation. Ne rigolez pas, je connais des musiciens qui sont incapables de monter sur scène sans boire deux ou trois
demis bien tassés et être pompette. Il ne faut pas exagérer non plus : on peut quand même boire un coup avec les copains histoire de se détendre avant la prestation; c'est convivial; simplement je dis attention.
Un petit pétard:
Là, il n'y a pas à discuter, on retrouve les mêmes
problèmes qu'avec l'alcool.
E t de plus c'est interdit, sans parier des ennuis que vous causeriez
aux organisateurs si vous étiez surpris;
alors que chacun prenne ses responsabilités.
Les médicaments:
Là, je dis STOP tout de suite car là il ne faut pas exagérer quand même!
Nous jouons tous de l'accordéon dans le but de nous détendre et de nous faire plaisir, alors si on en arrive à prendre des médicaments style benzodiazépine et consoeur pour monter sur scène, je crois que la situation devient grave et qu'il vaut mieux envisager de rester tranquillement à la maison ou de changer d'activité. De toute façon, un chose est sûre, en prenant ce type de médicament vous n'aurez plus le trac du tout, ça, plus de problème; mais alors vous monterez sur scène et jouerez comme un zombi ; bonjour l'émotion ! Et puis comme je le disais précédemment on ne doit pas faire disparaître le trac mais essayer de le canaliser.
Les mauvaises positions:
Enfin, évitez de jouer replier sur vous même, un peu comme en position foetale. Au contraire installez vous bien droit de manière à bien respirer et jouez le plus détendu possible.
Ce qu'il faut privilégier:
Le yoga:
C'est un excellent anti-stress qui apporte détente, calme et maîtrise de soi grâce aux exercices de respiration aisément praticables avant de monter sur scène.
L'homéopathie:
Ça marche chez certaines personnes alors si'on y croit,
ne pas se gêner et voir avec son médecin car il n'y a pas de contre indication.
Le truc de Doc Pat : Moi,
j'connais des chevaux qui sont soignés par homéopathie, chais pas s'ils
y croient ... Pas pour le trac, c'est vrai ! Essayez Gelsenium 15 CH,
3 granules 24 h avant, et 3 granules le jour même.
Sur le podium ou la scène
L'installation
Ça y est, c'est à vous de monter sur scène! Prenez votre temps; ce n'est pas le moment de louper une marche et de vous affaler. Vous avez pris la précaution de bien vérifier votre matériel avant ? Vos complices sont fins prêts ? Vous maîtrisez parfaitement votre répertoire ?
Sur scène pas de précipitation , on a quand même le temps ! inutile de foncer sur votre instrument et d'enchaîner vos morceaux à toute vitesse pour en finir au plus vite; après tout, les danseurs ont besoin de quelques minutes pour souffler et se rafraîchir en faisant tourner le bar.
Aussi, prenez le temps de bien vous installer, inspectez la chaise et votre position, vous devez jouer bien à l'aise, ajustez confortablement votre instrument puis vérifiez la position des micros et réglez- les avec votre complice sono;
Soyez exigeant de manière à jouer dans les meilleures conditions, sur scène c'est vous le patron ou la patronne, aussi demandez bien ce que vous désirez (sans faire de caprice de diva quand même !) Entre autre, ne tolérez pas de passage intempestif sur scène pendant que vous jouez, ni d'enfant cherchant à monter sur scène et jouant avec les fils comme on le voit souvent.
En montant sur scène vous avez pris un engagement vis a vis des organisateurs et du public même si vous n'êtes pas rémunéré; aussi vous êtes tenu de donner le meilleur de vous même et de ne pas oublier surtout que vous ne jouez pas pour vous mais pour un public.
Avant de commencer
- Avant de démarrer, présentez-vous puis remerciez le ou les organisateurs; ça fait toujours plaisir et peut être qu'on vous payera encore un autre coup après (je sens que la fin de la fest-noz va être difficile! Hips !) Regardez si vos complices tempos et danseurs sont prêts et essuyez vos claviers avec votre chiffon si nécessaire.
- Annoncez de manière intelligible les danses que vous allez jouer et vérifiez que l'on vous a bien entendu. Si vous jouez vos compositions vérifiez que personne n'enregistre sans votre autorisation. Tant qu'on y est, si vous jouez des compositions d'autres musiciens, informez la salle du nom du morceau et de son compositeur ! Car beaucoup de compositions sont jouées depuis si longtemps et font tellement partie de notre univers musical qu'on les croit traditionnelles.
- Prenez l'habitude aussi de démarrer vos morceaux par un appel à la danse (généralement on joue la première ou la deuxième partie du morceau lentement). Ceci permettra au danseurs de prendre leurs marques en choisissant leur partenaire ou en formant les rondes, chaînes et autres quadrettes et ça vous évitera de vous tromper de bouton et donc de note en commençant de jouer.
L'enchaînement des morceaux:
Ca y est, vous avez terminé votre premier morceau et tout va bien. En effet, vous aviez pris la précaution de démarrer sur une danse bien connue du public, facile à danser et à sonner à l'accordéon. Ça vous donne de l'assurance mais restez quand même vigilant. Nous ne sommes pas à la course, aussi prenez le temps de respirer profondément, de vous détendre les bras et les doigts par quelques mouvements, de boire un peu d'eau si nécessaire, de réajuster l'instrument, d'essuyer ses claviers, de jeter un coup dil à vos complices et à la pendule, de vérifier si les micros sont bien réglés, d'annoncer la danse et c'est reparti ! ... jusqu'à la fin de la prestation.
Vous voyez, ce n'était pas si difficile que ça; en fait, le tout c'est de bien se préparer et d'avoir toujours à l'esprit que chaque nouvelle prestation est un défi.
* Conclusion
Du fait de son côté irrationnel, nous avons honte du trac et c'est souvent un sujet tabou rarement soulevé pendant l'apprentissage de l'instrument, à chacun de se débrouiller sur scène. Or il existe des trucs pour le dompter et je pense fermement que leur enseignement doit faire partie de l'apprentissage de l'instrument au même titre que les autres techniques.